Dépistage de cancer du sein : l’importance de la mammographie
Chaque année en France, plus de 61 000 patientes apprennent qu’elles sont atteintes d’un cancer du sein, faisant de cette maladie la plus fréquente chez la femme et l’une des premières causes de mortalité par cancer. Pourtant, détectée à un stade précoce, elle se traite efficacement dans neuf cas sur dix, d’où l’importance du dépistage. Cet examen, simple et entièrement pris en charge par l’Assurance Maladie, est proposé à grande échelle dans le cadre d’un programme national et aide à sauver des milliers de vies.
La mammographie est d'ailleurs une référence dans ce dispositif. Mais comment fonctionne-t-elle ? À quel moment doit-elle être réalisée ? Et pourquoi est-elle si importante, même en l’absence de symptômes ?
Pourquoi le dépistage du cancer du sein est-il indispensable ?
Le cancer du sein est dit "asymptomatique" dans ses premiers stades, c’est-à-dire qu’il ne provoque ni douleur ni signe visible. Sans dépistage, il est donc souvent découvert trop tardivement, lorsque la maladie est déjà évoluée.
La mammographie de dépistage, elle, permet de repérer des lésions de quelques millimètres, parfois invisibles à la palpation, comme des microcalcifications ou des tumeurs in situ. L’intérêt du dépistage est double :
● Agir précocement : plus un cancer est détecté tôt, plus les chances de guérison sont élevées, avec des traitements souvent moins lourds (chirurgie conservatrice, radiothérapie localisée).
● Réduire la mortalité : plusieurs études ont montré une baisse significative des décès chez les femmes participant régulièrement au dépistage organisé.
Qu’est-ce qu’une mammographie et comment fonctionne-t-elle ?
La mammographie est un examen d’imagerie médicale utilisé pour étudier l’anatomie et la structure fonctionnelle des tissus mammaires. Elle repose sur l’utilisation de rayons X à faible dose, permettant de visualiser les structures internes du sein et de détecter précocement des anomalies, qu’elles soient bénignes (kystes, adénofibromes) ou malignes (lésions suspectes de cancer du sein).
La technique actuelle utilise la radiographie numérisée, en 2D ou en 3D via la tomosynthèse. Pendant l’examen, la patiente est debout et le sein est positionné entre deux plaques transparentes, puis légèrement comprimé pour :
● Réduire l’épaisseur du tissu mammaire (et donc la dose de rayons),
● Améliorer la netteté de l’image,
● Limiter les artéfacts de mouvement.
Deux clichés standards sont réalisés pour chaque sein (une incidence crânio-caudale, de haut en bas, et une incidence oblique médio-latérale, en diagonale). Ces images sont ensuite interprétées par un radiologue spécialisé.
La mammographie permet de visualiser des microcalcifications, des masses ou des distorsions architecturales, d’identifier des lésions infracliniques non palpables et de les classer selon le score ACR pour guider la suite du bilan.
Cet examen est indispensable dans le dépistage organisé du cancer du sein, mais il est également indiqué dans le suivi des patientes à risque élevé ou dans l’évaluation de signes cliniques tels qu’un nodule, un écoulement ou une rétraction du mamelon.
À quel âge et à quelle fréquence réaliser une mammographie ?
En France, le dépistage organisé du cancer du sein s’adresse aux femmes de 50 à 74 ans, une période de la vie où le risque de développer la maladie est le plus élevé. C’est dans cette tranche d’âge que le dépistage a montré le plus d’impact, avec une réduction mesurable de la mortalité et des traitements moins lourds lorsque la tumeur est repérée tôt.
La fréquence recommandée dans le cadre du programme est de tous les deux ans. Ce rythme permet d’identifier la majorité des cancers à un stade précoce tout en limitant l’exposition aux rayons X. Hors programme organisé, certaines situations justifient une surveillance personnalisée, parfois dès l’âge de 30 ou 40 ans :
● Présence de mutations génétiques à haut risque (ex. : BRCA1/2) ;
● Antécédents familiaux de cancer du sein ou de l’ovaire au premier degré ;
● Exposition à des facteurs hormonaux particuliers ou antécédent d’irradiation thoracique.
Dans ces cas, la mammographie peut être réalisée de manière plus précoce et plus fréquente, associée à d’autres examens comme l’échographie mammaire ou l’IRM. Il revient au médecin traitant ou au gynécologue d’évaluer le niveau de risque individuel et de proposer un calendrier de dépistage adapté.
Comment se déroule le dépistage organisé en France ?
Ce dispositif national, coordonné par l’Institut National du Cancer et les Centres Régionaux de Coordination des Dépistages des Cancers (CRCDC), vise à repérer des lésions cancéreuses ou précancéreuses avant l’apparition de symptômes, afin d’améliorer les chances de guérison.
Il s’adresse aux femmes de 50 à 74 ans ne présentant ni signe clinique ni antécédent personnel de cancer du sein. Tous les deux ans, les personnes concernées reçoivent un courrier d’invitation avec la liste des radiologues agréés proches de leur domicile.
Le parcours se déroule en plusieurs étapes :
- Prise de rendez-vous avec un radiologue formé au dépistage,
- Réalisation de la mammographie,
- Première lecture des clichés par le radiologue ayant effectué l’examen,
- Seconde lecture systématique en cas d’examen jugé normal,
- Envoi des résultats à la patiente et à son médecin dans un délai moyen de quinze jours.
Et après la mammographie ?
Si aucune image suspecte n’apparaît, la patiente reçoit un courrier confirmant l’absence d’anomalie, avec la recommandation de renouveler la mammographie deux ans plus tard. Dans près de neuf cas sur dix, les clichés sont normaux.
En présence d’un élément inhabituel, même minime, le radiologue peut demander immédiatement :
● Une échographie mammaire pour préciser l’image,
● Une biopsie si le doute persiste.
Un résultat anormal n’équivaut pas forcément à un cancer. Dans bien des cas, il s’agit de lésions bénignes, comme des kystes, des fibroadénomes ou des modifications liées à un traumatisme.




